L’esprit et l’appétence pour les sciences n’a pas de genre!

J’ai été conviée par l’association Objectif Officine, il y a quelques mois, à animer une conférence auprès d’étudiant-e-s en pharmacie.

Une chance pour moi de présenter mes travaux, mais aussi l’occasion d’aborder l’histoire de la médecine sous un angle légèrement différent de nos habitudes. Car oui, l’histoire a été écrite, subjectivement, par des hommes, et il est bon parfois de rappeler qu’elle a aussi été faite par des femmes.

Agnodice ou Hildegarde de Bingen en font partie. Elles montrent, comme tant d’autre, que l’esprit et l’appétence pour les sciences n’a pas de genre, et que, de tous temps, des femmes se sont intéressées à la médecine (comme d’autres aux mathématiques, ou à l’astronomie…)

Alors que 7 pharmaciens sur 10 sont des pharmaciennes, on pourrait se dire qu’il n’y a plus rien à soulever

Ces moment ont aussi été l’occasion d’échanger autour du thème du sexisme ordinaire dans les métiers d’officine. Alors que 7 pharmaciens sur 10 sont des pharmaciennes, on pourrait se dire qu’il n’y a plus rien à soulever. Que, depuis le temps que les femmes étudient, qu’elles travaillent, qu’elles prennent à bras le corps des responsabilités de toutes sortes, l’idée qu’on puisse remettre en cause leurs compétence est archaïque.

Pourtant… les témoignages de jeunes femmes et de jeunes hommes, avec seulement quelques semaines de stage comme expérience professionnelle, sont jalonnées de ces démonstration de défiance envers les femmes lorsqu’il s’agit de compétences professionnelle.

L’anecdote la plus frappante ?

Une pharmacienne titulaire, pour s’éviter des remarques dévalorisantes, préféraient faire passer ses messages par un collègue masculin à un médecin. J’en arrive à penser que j’espère pour ce médecin une fin de carrière rapide. L’évolution du monde du travail, avec un encadrement de plus en plus féminin, des médecins, femmes, des juges, femmes, des pharmaciennEs, risque de devenir invivable pour lui…

Bien entendu, il y a eu aussi des contradictions dans ces débats…

Des questionnements sur le rapport entre l’energie dépensée pour arriver à contrer ces sexismes et le bénéfice. Et évidemment, ces contradictions n’étaient pas portées par des femmes. Ni même par des hommes. Mais par UN homme, qui de son propre aveux n’a jamais vécu ce genre de situation.

J’apprécie d’autant plus ses interventions qu’elles ont ancré, chez les femmes présentes, prochainement en activité professionnelle, une volonté d’agir, une volonté de convaincre et d’élargir certaines pratiques comme le soutien mutuel, l’adelphité et la sororité. A mon sens, ce sont les trois piliers de contre pour éliminer les comportements sexistes : s’ils ne sont plus tolérés, plus personnes n’osera les imposer.

Et si vous souhaitez en savoir plus au sujet d’Agnodice, et tant d’autres, Je vous conseille les deux tomes des Culottées de Pénelope Bagieu. Il y a également des traces de son histoire sur wikipédia, à la rubrique… féminisme (et non médecine) !

Quelques photos de la conférence qui montrent que, si je me suis trouvée très impressionnée sur la scène d’un amphithéâtre, mes auditrices et auditeurs n’ont pas plus osé s’approcher qu’avec une nouvelle professeure !